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Plans de fabrication d'une fenêtre bois : cotes et assemblages

Ce que contient un vrai plan de fabrication de fenêtre bois : sections du dormant et de l'ouvrant, feuillure, rejet d'eau, assemblages et cotes imposées par le DTU 36.5.

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Julien Vasseur

Publié le 25 janvier 2026

par Julien Vasseur

Menuisier fixant une paumelle sur un châssis de fenêtre en bois

TL;DR

  • Un plan de fabrication utile donne trois choses : sections, feuillures, assemblages — pas seulement une élévation.
  • Le NF DTU 36.1 « menuiserie bois » n'existe plus depuis 2010 : cherchez le NF DTU 36.5.
  • Les cotes vraiment imposées sont peu nombreuses : 13 à 17 % d'humidité, 28 mm de surface d'appui, rejet d'eau à 15 mm.
  • Le 58 et le 68 mm sont des usages commerciaux, pas des exigences normatives.

Chercher un « plan de fabrication de fenêtre bois en PDF », c'est en général tomber sur une élévation cotée en largeur et hauteur. Utile pour commander du verre. Inutile pour usiner.

Parce qu'une fenêtre ne se fabrique pas en élévation : elle se fabrique en coupe. Le profil du dormant, la profondeur de la feuillure à verre, la pente du rejet d'eau — voilà ce qui décide si la fenêtre ferme bien dans dix ans.

Que doit contenir un plan de fabrication de fenêtre bois ? Trois vues minimum : une élévation avec le sens d'ouverture, des coupes verticale et horizontale cotées sur le dormant et l'ouvrant, et un détail des assemblages d'angle.

Voyons ce qui relève de la norme, ce qui relève de l'usage, et où récupérer des documents fiables.

Ce que contient un vrai plan de fabrication de fenêtre bois

Un plan exploitable en atelier comporte quatre familles d'informations. Si l'une manque, vous devrez l'inventer — et c'est là que naissent les fenêtres qui sifflent.

L'élévation. Dimensions hors dormant, sens d'ouverture vu de l'intérieur (français ou tirant droit / tirant gauche), position des paumelles et de la crémone. C'est la seule vue que fournissent la plupart des PDF gratuits.

Les coupes. Coupe verticale sur traverse haute, traverse basse et appui ; coupe horizontale sur montant et battement. Chaque coupe porte l'épaisseur du bois, la largeur de la feuillure à verre, le recouvrement de l'ouvrant sur le dormant et la position des joints.

Les détails. Rejet d'eau de la traverse basse d'ouvrant, garde à l'eau, trous de drainage, pièce d'appui et rejingot. Ce sont ces détails qui font l'étanchéité, pas le vitrage.

La nomenclature de débit. Longueurs brutes par pièce, essence, classe d'emploi, et surcotes d'usinage. Sans elle, un plan reste un dessin.

Établi de menuisier avec mètre, réglet et copeaux de bois

Un mot sur le référentiel, parce que la confusion est massive. Le NF DTU 36.1 « menuiserie en bois » a été annulé en 2010. Son contenu a été réparti entre le NF DTU 36.2 pour la menuiserie intérieure, le NF DTU 36.3 pour les escaliers, et le NF DTU 36.5 pour la mise en œuvre des fenêtres et portes extérieures — celui-ci couvrant tous les matériaux, bois compris.

Autrement dit : les plans que vous trouvez en ligne étiquetés « conformes DTU 36.1 » se réfèrent à un texte mort depuis quinze ans.

Les cotes qui ne se négocient pas

Voici les valeurs réellement imposées par le NF DTU 36.5, celles que je vérifie en premier sur un plan qu'on me soumet.

ExigenceValeurPortée
Humidité du bois à la livraison et à la pose13 % à 17 %fabrication et pose
Surface plane d'appui du dormant sur le gros œuvre28 mm minimumpose en applique intérieure
Recouvrement minimal du dormant sur le gros œuvre13 mmpose en applique intérieure
Rejet d'eau en traverse haute de dormantgoutte d'eau à 15 mm minimumconception
Pente d'une bavette vers l'extérieur3 % minimumappui de baie
Rejingot reconstitué : goutte d'eau40 mm minimum, appui à 5 % de penterénovation
Traitement de surfaceconforme à la norme NF P 24-351finition

Deux points méritent un commentaire.

L'humidité de 13 à 17 % n'est pas une coquetterie de laboratoire. Un bois usiné à 20 % qui se stabilise à 12 % rétrécit : les jeux augmentent, les joints décollent, la crémone ne prend plus. C'est la première cause de fenêtre neuve qui ferme mal.

La surface plane de 28 mm sert à deux choses : réaliser le calfeutrement et absorber les tolérances du gros œuvre. Sur un plan de dormant dessiné à 20 mm d'applique, la pose sera conforme uniquement sur un gros œuvre parfait — c'est-à-dire jamais.

Et une exigence de durabilité qu'on oublie souvent : si la pièce d'appui est en bois et en contact avec le gros œuvre, elle doit recevoir un traitement pour la classe d'emploi 4, ou posséder une durabilité naturelle de classe 1 ou 2.

Julien Vasseur

Le conseil de Julien

Sur un plan, je vérifie toujours que la traverse haute du dormant n'a pas été dessinée comme un appui de doublage. Le DTU 36.5 est explicite : elle n'est pas conçue pour reprendre la charge du doublage intérieur ni celle de l'isolation. J'ai vu deux chantiers où le linteau de doublage reposait dessus — les deux fenêtres ne s'ouvraient plus au bout d'un an.

En revanche, ce qui ne figure pas dans le DTU : l'épaisseur du profil. Le 58 mm et le 68 mm sont des épaisseurs commerciales, héritées de la profondeur nécessaire pour loger un double vitrage isolant et son calfeutrement. Elles n'ont aucune valeur normative. Ce qui est exigible, c'est la performance mesurée.

Les assemblages du dormant et de l'ouvrant

Le point de fatigue d'une fenêtre bois, c'est l'angle. Trois techniques cohabitent, avec des durées de vie très différentes.

L'enfourchement, ou tenon-mortaise traversant. Le montant reçoit une mortaise, la traverse un tenon, l'assemblage est chevillé ou goujonné. C'est l'assemblage traditionnel de la menuiserie française, et le seul qui résiste correctement au gauchissement sur un ouvrant de grande dimension.

Le tenon-mortaise borgne collé. Plus rapide, invisible en bout, sensible à la qualité du collage. Standard en fabrication industrielle avec colle structurale et presse.

L'assemblage par tourillons ou lamelles. Acceptable sur des petits châssis fixes, insuffisant sur un ouvrant que l'on manœuvre plusieurs fois par jour.

Quelle que soit la technique, trois règles de dessin s'imposent :

  • Le fil du bois suit la longueur de la pièce. Un montant de dormant débité en travers du fil cassera à la mortaise.
  • La feuillure à verre se dimensionne d'après le vitrage réel et son épaisseur totale, avec l'espace nécessaire au calage et à l'étanchéité périphérique — pas d'après une cote copiée sur un autre plan.
  • Le drainage traverse l'assemblage. Les trous d'évacuation de la traverse basse doivent déboucher vers l'extérieur, et rien ne doit venir les obstruer à la pose : le sommet d'une bavette se situe au moins 2 mm sous la partie basse de ces trous.

Enfin, la question qui décide de tout si vous fabriquez pour vendre : une fenêtre mise sur le marché relève de la norme harmonisée NF EN 14351-1 et porte le marquage CE, avec ses performances déclarées d'étanchéité à l'air, à l'eau et de résistance au vent. Ces classes se mesurent en essai sur un châssis complet. Aucun plan, aussi précis soit-il, ne les remplace.

Où trouver des plans de fenêtre bois fiables

Il n'existe pas de bibliothèque officielle et gratuite de plans de fabrication de fenêtres. En revanche, quatre sources sérieuses existent.

Le NF DTU 36.5 lui-même, en particulier ses annexes A et B, qui contiennent les configurations de pose — fenêtre en applique, en tunnel, en tableau, avec ou sans feuillure — et les définitions cotées du rejingot. C'est un document payant, disponible dans la boutique du CSTB.

Les catalogues techniques des fabricants de quincaillerie. Les fabricants de paumelles et de crémones publient les gabarits d'entaille et les jeux de fonctionnement exigés par leurs ferrures. Ces cotes-là sont contraignantes et gratuites.

Les carnets de détails des fournisseurs de profils et de joints, qui donnent les feuillures compatibles avec leurs produits.

Vos propres relevés. C'est ce que je recommande le plus souvent : relever une fenêtre existante qui fonctionne bien depuis vingt ans dans votre région apprend davantage qu'un PDF anonyme. Vous récupérez des cotes qui ont fait la preuve de leur tenue au climat local.

Si votre fenêtre s'insère dans une paroi à ossature bois, le travail ne s'arrête pas au châssis : le traitement de l'encadrement de baie relève du NF DTU 31.2 et des Recommandations Professionnelles PACTE, téléchargeables gratuitement. Nos guides sur ce que dit vraiment le DTU 31.2 et sur la lecture d'une coupe de mur à ossature bois précisent qui fait quoi à cette interface.

FAQ — Plan de fabrication d'une fenêtre bois

Quelle épaisseur de bois pour fabriquer une fenêtre ?

Les épaisseurs commerciales courantes sont 58 mm et 68 mm pour le dormant comme pour l'ouvrant, le 68 mm étant devenu la référence avec les doubles vitrages isolants. Ce ne sont pas des valeurs normatives : c'est la performance air-eau-vent mesurée en essai qui doit être justifiée, pas l'épaisseur du profil.

Le DTU 36.1 pour les fenêtres bois existe-t-il encore ?

Non. Le NF DTU 36.1 a été annulé en 2010 et réparti entre trois textes : le NF DTU 36.2 pour la menuiserie intérieure en bois, le NF DTU 36.3 pour les escaliers en bois et le NF DTU 36.5 pour la mise en œuvre des fenêtres et portes extérieures, tous matériaux confondus.

Quelle humidité du bois pour fabriquer une fenêtre ?

Le NF DTU 36.5 impose une humidité du bois comprise entre 13 % et 17 %, au moment de la livraison comme au moment de la pose. En dehors de cette plage, les jeux de fonctionnement et l'étanchéité ne sont plus garantis après stabilisation.

Peut-on vendre une fenêtre bois qu'on a fabriquée soi-même ?

Une fenêtre mise sur le marché relève de la norme harmonisée NF EN 14351-1 et doit porter le marquage CE, avec ses performances déclarées d'étanchéité à l'air, à l'eau et de résistance au vent. Fabriquer pour soi est une autre affaire, mais la commercialisation suppose ces justifications.

Conclusion

Un bon plan de fabrication de fenêtre bois ne se reconnaît pas à la beauté du dessin, mais à la présence des coupes et des détails de drainage. Le reste — l'élévation, les dimensions hors tout — s'improvise en cinq minutes.

Les trois points à retenir :

  • Le référentiel, c'est le NF DTU 36.5, pas le DTU 36.1 annulé en 2010.
  • Peu de cotes sont normatives : humidité 13-17 %, 28 mm d'appui, 13 mm de recouvrement, gouttes d'eau à 15 et 40 mm.
  • Les épaisseurs 58 et 68 mm sont des usages : c'est l'essai air-eau-vent qui fait foi.

Si votre projet est une construction complète plutôt qu'un châssis isolé, la question des menuiseries fournies avec le lot bois devient centrale — c'est un des angles de notre analyse des maisons bois en kit importées.

Julien Vasseur

Julien Vasseur est charpentier-ossaturiste depuis 2014. Après huit ans passés sur les chantiers d'une entreprise de charpente de Nouvelle-Aquitaine, il rejoint un bureau d'études où il dessine et cote des murs à ossature bois, des planchers et des charpentes pour des maisons individuelles et des bâtiments agricoles. Il a lancé Exigence Plus après avoir constaté que la majorité des schémas d'ossature bois disponibles en ligne étaient incomplets, mal cotés ou hors DTU. Il y publie les détails qu'il utilise réellement en production.

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